Nos stratégies pour une meilleure cohabitation avec les allergies
Selon le Centre d’Allergie Suisse (aha!), les éléments susceptibles de provoquer des allergies sont omniprésents : des animaux de compagnie aux aliments, en passant par les médicaments, les produits cosmétiques, les produits de nettoyage et même la poussière. Les allergies peuvent être source d’inquiétude en cas de réactions graves, entraîner des frustrations liées à des restrictions importantes ou perturber notre quotidien pendant une saison. Elles représentent un enjeu majeur de santé publique. Analyse de la situation.
Des symptômes tels que les yeux irrités, le nez qui coule et les démangeaisons, liés aux allergies, ont déjà été expérimentés par 20 à 25 % de la population. Ce chiffre est en hausse depuis plusieurs décennies, surtout dans les pays développés, avec des prédictions de l’OMS estimant que la moitié de la population mondiale pourrait souffrir d’allergies d’ici 2050.
Un diagnostic erroné
Pourquoi cette tendance à la hausse ? Il semble que face aux changements de nos modes de vie et à l’évolution de notre environnement, notre organisme a de plus en plus de mal à distinguer les substances dangereuses des inoffensives. Des molécules telles que le pollen, les acariens ou la salive des animaux sont alors incorrectement identifiées comme des menaces par notre système immunitaire, déclenchant une réaction de défense manifestée par des symptômes variés tels que les éternuements, le larmoiement ou les éruptions cutanées.
Dans les cas les plus sévères, un choc allergique nommé anaphylaxie peut survenir rapidement après le contact avec l’allergène, entraînant des réactions dangereuses au niveau des systèmes respiratoire et circulatoire.
En ce qui concerne les allergies alimentaires, les réglementations suisses et européennes imposent l’indication de quatorze allergènes sur les emballages, incluant le lait, les œufs, le poisson, le soja ou les fruits à coque. La liste des aliments concernés s’allonge pourtant, incluant désormais des aliments comme le sarrasin, les pois, les lentilles ou les kiwis. Les intolérances, comme celles au lactose, au fructose ou au gluten, sont également en hausse, créant souvent confusion. Contrairement aux allergies, les intolérances résultent d’une incapacité du corps à assimiler un aliment, due à un manque d’enzymes nécessaires.
Dompter son allergie
Pour ceux affectés, il existe des moyens de ne pas subir passivement son allergie. La clé est de connaître l’allergène responsable pour l’éviter. Des tests effectués par des médecins, allergologues ou en pharmacie peuvent déterminer la source du problème. Pour les allergies saisonnières, s’informer sur les niveaux de pollen via le site pollenetallergie.ch ou l’application gratuite Pollen-News est crucial pour adopter les bonnes mesures préventives.
Concernant les allergies aux venins, pollens, acariens ou poils d’animaux, il est possible de diminuer voire d’éliminer les symptômes grâce à la désensibilisation ou immunothérapie, qui habitue progressivement le corps à l’allergène. Cette méthode, qui consiste à exposer le corps à des doses croissantes de l’allergène, se révèle efficace dans environ 80 % des cas.
Le rhume des foins, fléau saisonnier
Chaque printemps, un quart de la population souffre d’éternuements, de larmoiement et de gorges irritées. Dès février, les pollens de certains arbres marquent le début de la saison des allergies, atteignant leur pic en avril avec la floraison des graminées, responsables de la majorité des cas saisonniers.
Bien que les symptômes puissent sembler bénins, ils peuvent sérieusement affecter la qualité de vie des personnes concernées et, sans traitement, l’allergie pollinique peut évoluer en asthme allergique.
Le changement climatique, qui intensifie et prolonge les saisons de pollen, aggrave encore la situation.
Entretien avec Myriam Virtic de la pharmacieplus du Versoix à La Chaux-de-Fonds sur les allergies au pollen
Quelles précautions prendre pour éviter les allergies liées au pollen ?
Il est primordial de limiter l’exposition à l’allergène, tant chez les enfants que chez les adultes. Pour les allergies au pollen, les recommandations sont les suivantes :
– Ouvrir les fenêtres des chambres à coucher tôt le matin ou tard le soir.
– Éviter de faire sécher le linge à l’extérieur.
– Porter des lunettes de soleil lorsqu’on est dehors.
– S’abstenir de promenades dans les champs.
– Se laver les cheveux en soirée et changer de vêtements dans une pièce séparée de la chambre à coucher.
– Nettoyer le nez et les yeux avec du sérum physiologique pour retirer les allergènes.
Quelle est la meilleure approche pour traiter la rhinite allergique ?
Le traitement de la rhinite allergique dépend des symptômes de chaque patient, et il est souvent recommandé d’associer plusieurs thérapies. Pour atténuer les symptômes généraux, l’utilisation de comprimés homéopathiques à sucer ou d’antihistaminiques à effet global est suggérée. Des compléments alimentaires à base de plantes offrant des propriétés antihistaminiques et anti-inflammatoires peuvent aussi aider à réduire les symptômes en renforçant le système immunitaire. De plus, des lavages nasaux fréquents avec une solution saline sont essentiels pour éliminer les allergènes présents sur les muqueuses nasales. Après ces lavages, l’application d’un spray nasal antiallergique peut diminuer l’inflammation.
Si une abondance de sécrétions oculaires est observée, un nettoyage avec du sérum physiologique ou du thé noir peut être bénéfique pour apaiser les paupières collées. Idéalement, cette procédure devrait être répétée plusieurs fois par jour, suivie de l’application de gouttes pour les yeux antiallergiques.
En quoi consiste le test d’allergie AllergoTest® réalisé en pharmacie ?
L’AllergoTest® est un examen rapide, d’une durée d’environ 15 minutes, qui permet de tester la réaction à dix allergènes courants, incluant divers pollens, les acariens, l’épithélium de chien et de chat, les moisissures et les blattes. Avant le test, un questionnaire est rempli avec le pharmacien pour évaluer les symptômes et identifier potentiellement l’origine de l’allergie. Ensuite, un échantillon sanguin est prélevé et analysé sur une plaque spécifique pour détecter la présence d’anticorps réactifs aux allergènes testés.

